Poison

couvpoison2016Titre : Poison

Tome : 4

Nombre de pages : 184

Prix : 7.30 euros

Public : +16

Date de création : 2010

Première publication : septembre 2010

Réédition : novembre 2016

Illustrations : Valleyhu pour la réédition

Résumé : Deux millénaires se sont écoulés depuis la Guerre de l’Esclavage. Alors que la paix règne en maître sur le système solaire, une ombre naît dans la poussière d’une planète oubliée, et nul ne semble s’en apercevoir. Personne, sauf un jeune ingénieur qui tente vainement d’oublier l’événement le plus noir de son existence. Peut-il vraiment se débarrasser de ces souvenirs, quand les ténèbres se sont accrochées à lui et refusent de l’abandonner? Et qui est cet inconnu aux manières démodées qui semble capable d’apaiser ses angoisses?
L’engrenage de l’Aube d’Argent s’est enclenché, et si personne ne l’arrête, l’obscurité engloutira tous les êtres vivants d’Exode.

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Extrait de la réédition

(certaines descriptions ont été coupées et le nom du personnage principal déguisé pour éviter les spoilers)

L’entrée du magasin brillait de propreté, même le trottoir paraissait flambant neuf. Un contraste étonnant avec la ruelle d’où X venait de sortir. La porte s’ouvrit automatiquement, dévoilant une pièce encombrée au centre de laquelle trônait un large comptoir, devant une série de casiers métalliques. Quelques droïdes travaillaient dans un recoin, l’un d’eux flottant au-dessus du sol, agissant en caméra de surveillance. Sur le comptoir se tenait une grande plante aux bulbes poilus, et l’air sentait le carburant.

Deux hommes, un Kaeka et un Humain aux biceps deux fois plus larges que sa tête, s’énervaient au sujet du prix d’un améliorateur d’IA. Patientant derrière eux, X observa l’homme derrière la caisse, qui gardait son calme alors que les voix de ses clients s’élevaient.

Tentant de ne montrer aucune émotion, X sentit tout de même sa gorge se serrer. Le vendeur était un Papillon. Ses cheveux, blancs aux mèches rouges, atteignaient sa mâchoire dans un style chaotique. Sous ses sourcils délicatement arqués, ses yeux rouges scrintillaient d’une façon que X connaissait par coeur: un regard de prédateur attendant patiemment le bon moment pour attaquer.

L’Humain massif se pencha soudain au-dessus de la table, attrapa le Papillon par le col de sa tunique et l’attira violemment près de lui. Une goutte de salive tomba du coin de sa bouche gercée et il cracha au visage de sa victime en hurlant. Le Kaeka recula, et X se prépara à intervenir. Puis, il entendit un simple “clic”.

L’Humain se tut instantanément. Il relâcha sa poigne sur le vendeur, et X remarqua alors la lame électrifiée pressée sous son menton.

– Toujours intéressé par une réduction? fit le Papillon, ses lèvres s’étirant en un sourire innocent.

Les deux clients se hâtèrent d’atteindre la porte.

– Je laisserais l’IA ici si j’étais vous, grogna X.

– Va te faire foutre! s’écria le Kaeka, lâchant la pièce qui heurta le sol avec un petit tintement.

La porte se referma derrière eux. X ramassa l’améliorateur et s’approcha du comptoir. Le vendeur, apparemment peu chamboulé par les évènements, passa un chiffon sur la trace de salive.

– Merci, dit-il, replaçant l’IA sur son socle. Qu’est-ce qu’il vous faut?

– J’ai besoin d’un nouveau noyau, le mien a rendu l’âme.

X lui présenta la pièce. La lumière des yeux du Papillon s’intensifia alors qu’il la saisissait, la tournait entre ses doigts, et la portait près de son visage pour déchiffrer le numéro de série.

– Le musée est sur le quatrième trottoir aérien, avenue de Thio, finit-il par annoncer avec un rictus.

Mordillant sa lèvre inférieure, X se maudit intérieurement. Il aurait dû s’en douter.

– Aucun moyen d’améliorer un U4, du coup? demanda-t-il.

– A moins de voyager dans le temps, non. Le dernier modèle est un U923. Une plaie à piloter, ça prend des années d’apprentissage. Je crois que vous aurez besoin d’un nouveau vaisseau. Où avez-vous trouvé un U4?

– Un vieux hangar sur une lune.

– Je peux le voir? J’essaierai de le réparer.

X acquiesça, amusé par son intérêt, et ouvrit la marche alors que le vendeur confiait la boutique à ses droïdes.

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