Orgueil

couvorgueil2016Titre : Orgueil

Tome : 2

Nombre de pages : 172

Prix : 7.20 euros

Public : +16

Date de création : 2012

Première publication : décembre 2012

Réédition : juin 2016

Illustrations : Valleyhu

Résumé : Chaque décision a un impact. Mineur ou catastrophique, il existe et c’est un risque que certaines personnes prennent trop souvent. Les choix qui nous paraissent les meilleurs sont parfois les pires… et quand l’arrogance s’en mêle, c’est comme de marcher sur un fil au-dessus d’un gouffre. Heureux de sa situation mais bien trop têtu, Xaheya mènera-t-il ses amis à leur perte? C’est ce que craint Lyam, dont l’animosité envers l’esclave grandit tous les jours…

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Extrait de la réédition

Il y avait déjà de la buée sur le casque du Papillon si peu de temps après leur départ, mais il préféra attendre qu’elle se dissipe au lieu de risquer une dangereuse dysfonction en appuyant sur le mauvais bouton de sa combinaison. Il ne l’avouerait jamais, mais il avait un peu peur et était heureux d’être avec Nory, qui n’en était pas à sa première mission de ce type. Il aurait préféré que Kay ne soit pas laissé seul à bord du Nemesis.
— Xaheya, fit la voix de Nory, résonnant dans son casque. Tiens-toi bien, j’accélère.
L’esclave se serra contre son dos. Il fut attentif aux signaux transmis par le radar pendant les premières minutes, mais comme aucune détection ne se fit, il perdit vite sa concentration. Il commença à réfléchir à la situation, s’interrogeant sur ce qu’étaient devenus ses amis. Kayli avait-elle survécu ? Numi était-il encore dans un état de mort cérébrale ? Que dire de Laen, son obsession à servir s’était-elle estompée ?
Il ferma les yeux. Et, petit à petit, un sourire étira ses lèvres, alors que ses inquiétudes étaient remplacées par l’image de son partenaire. Il pouvait presque l’entendre rire. Il le revoyait tenant fièrement la plaquette qui certifiait sa réussite aux examens, et il avait la sensation fantôme de ses doigts dans ses cheveux. Il se rendit compte que Kay lui manquait après à peine une heure de séparation.
La motojet s’arrêta soudain, détectant le bord d’un canyon quelques mètres plus loin. Nory descendit, vérifia que sa lampe-torche fonctionnait et Xaheya fronça les sourcils.
— Vous voulez visiter le fond ? interrogea-t-il, inquiet.
— Tu me prends pour un fou ? répondit le lieutenant, et Xaheya se mordit la langue pour ne pas répondre « oui ». Je veux juste marcher au bord pour une évaluation.
Peu motivé, le Papillon se retint de protester. Ils étaient en mission et Nory était son supérieur. Pour une raison inconnue, quand il regarda encore le canyon, un sentiment d’effroi intense le parcourut. Il remonta sur la motojet et utilisa ses phares pour aider Nory à se repérer, conduisant près de lui. Son respirateur émettait un sifflement qui lui tapait sur les nerfs.
— Faites attention, annonça le Papillon après seulement quelques secondes. Il y a un autre canyon. On va passer sur une arche.
Ce n’était pas un problème pour lui car son véhicule flottait au-dessus du sol, mais rien n’indiquait que le poids de Nory ne la ferait pas céder. L’Humain cessa d’avancer.
— Recule, ordonna-t-il.
Xaheya fit lentement demi-tour.
— Montez, on traverse quand même.
— Non, fit Nory. On fait le tour.
L’hésitation se peignit sur son visage dont les traits étaient difficilement discernables à travers la vitre foncée du casque.
— Je ne veux pas laisser Kay seul trop longtemps, dit encore l’esclave d’un ton insistant.
Avec un soupir, Nory acquiesça et se plaça derrière le Papillon. La motojet traversa l’arche, soulevant des volutes de poussière qui s’éparpillèrent dans la nuit. De l’autre côté, Nory redescendit pour continuer son repérage. Après seulement huit-cent mètres, il s’immobilisa et éteignit sa lampe.
— Tes phares, chuchota-t-il dans le micro.
Ils furent bien vite engloutis par les ténèbres et Nory expliqua dans un souffle qu’il avait cru apercevoir du mouvement. La gorge de Xaheya se serra d’angoisse. Pourquoi éteindre les lumières ? Le but n’était-il pas de trouver les Wurek, seuls êtres vivants sur cette planète ? Un son étouffé fut capté par le radar et, instinctivement, Xaheya posa la main sur la commande principale de la motojet.
— Rallume, dit Nory.
Il n’en avait plus réellement envie, terrifié à l’idée de ce qui les entourait mais tentant malgré tout d’être rationnel. Et quand la lumière revint, elle provoqua une explosion de cris suraigus, à glacer le sang.
— Oh par tous les dieux ! s’écria Xaheya à mi-voix.
Son corps se tendit, du bout des orteils jusqu’à ses oreilles, dès que ses yeux se furent réhabitués aux phares et qu’il réalisa qu’ils étaient cernés. Nory avait déjà dégainé son arme et s’était rapproché du véhicule. Les Wurek, dont les yeux dorés brillaient, n’avaient pas l’air prêts à être secourus.

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